Filtrer le web est plus complexe qu’on le pense
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Par : N. Guillaume - Mardi 1 juillet 2008 à 11:55
Après les récentes propositions pour la mise en place de systèmes destinés à nettoyer le web de contenus/échanges illégaux, The Inquirer a interrogé un expert de ce dossier. Son constat ne laisse aucuns doutes: filtrer le web Français est une mission… délicate.
Filtrer le web pour bloquer les sites pédo-pornographiques et autres échanges illégaux. Cette idée fait son chemin au sein du parlement Français.
Mais en dehors des considérations et fantasmes de politiciens, la réalité technique est tout autre.
“Pour avoir un filtrage exhaustif, autrement dit de tous les flux et échanges, il faut idéalement se placer au niveau du DSLAM qui est le seul endroit où l’on est sûr de capter tout le trafic” indique un expert interrogé par The Inquirer qui a requis l’anonymat.
Car c’est bien là que se situe le centre du débat. Si les ayants-droit parvenaient aussi à imposer l’obligation de filtrer les échanges peer-to-peer, il faudrait pouvoir s’assurer d’un blocage total.
En clair, si un abonné chez le fournisseur Toto échange des fichiers avec un abonné situé sur le même DSLAM (et donc chez le même fournisseur d’accès), il faut aussi pouvoir analyser/bloquer ces échanges “locaux”. A raison de plusieurs milliers de DSLAM chez Orange, Neuf, Free et consors, on imagine déjà les coûts induits par une telle mise en oeuvre.
“Si l’on compare cela avec les radars automatiques, on peut imaginer que seule une partie du territoire sera équipée avec en priorité, les points où il y a une importante concentration de trafic” précise notre spécialiste.
Il ajoute que “c’est toute la question de l’exhaustivité ou non de ces solutions, d’autant qu’il faut prendre en compte le fait que la place est relativement limitée dans certains NRA (noeud de raccordement d’abonnés, ndlr) pour entreposer de nouvelles machines.”
En ce qui concerne la détection des flux, les échanges cryptés ne seraient pas un soucis.
“Plusieurs solutions disponibles sur le marché reconnaissent les protocoles mais pas les données contenues” affirme le spécialiste. Cela étant dit, “on peut penser que l’opérateur fera le choix de bloquer les flux emule/bittorrent chiffrés mais les autorisent en clair” ajoute notre homme.
On le comprend très vite, le filtrage va coûter cher et sera très lourd à mettre en place pour une efficacité toute relative.
Un filtrage à deux vitesses en quelques sorte, une hérésie à l’heure de la fibre optique jusqu’à l’abonné.
Au passage, la neutralité du net ne serait plus qu’un lointain souvenir…
INQ
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Commentaires
“aucun” et “doute” == sans “s”… Déplorable.
Le seul effet de ce genre de techniques (en plus de nous faire comprendre que nous arrivons dans un regime totalitaire qui se cache) sera que ceux qui veulent se cacher devront apprendre à la faire et seront donc beaucoup plus difficiles à trouver. L’utilisation des tunnels cryptés va se generaliser ainsi que les abonnements chez les fournisseurs de newsgroups etrangers. Avant il suffisait de surveiller les connexions sur quesques sites, dans l’avenir je leur souhaite bien du courage pour trouver qui que ce soit.
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