Analyse: mais qui diable est ce Tim Cook?
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Par : Cyril Fussy - Dimanche 18 janvier 2009 à 11:29
Lorsque Steve Jobs a annoncé prendre six mois de congés, nombreux sont ceux qui se sont tournés vers ce Tim Cook en se demandant “mais qui c’est celui-là?”.
Le remplaçant du Messie n’a généralement pas le beau rôle et, un peu comme Saint-Pierre, choisit de se faire crucifier la tête en bas plutôt que de continuer la mission.
Tim Cook, né en 1960, est le Prince Régent d’Apple, mais il y a de bonnes chances pour qu’il reste au poste durant la période post-Steve.
Le problème est que dans une boîte comme Apple les responsables ne sont pas trop habitués à la prise de décisions, réservée au gourou Steve qui se charge d’approuver ou non d’un pouce vers le haut ou vers le bas. Tim Cook prend aussi les rennes dans une période difficile pour Apple.
La boîte a perdu sa place de numéro 3 des ventes de portables et les perspectives de ventes dans les prochains six mois sont désastreuses.
Qui donc peut bien être celui en charge de sauver Apple pendant que le boss se remet? On ne sait pas grand-chose de lui en fait. Il est allé à l’Université d’Auburn, en Alabama, a passé 12 ans chez IBM et quelques mois chez Compaq avant d’être appelé en 1998 par Steve Jobs pour l’aider à redonner des couleurs à Cupertino.
Apple a connu un certain succès à refiler des jouets ultra fermés mais très classe et des logiciels bourrés de DRM tout en faisant croire que c’était l’avenir, mais les couronnes de lauriers ont toujours été placées sur la tête de Steve Jobs. Si Tim Cook a une part de responsabilité dans ce succès, la presse n’en a pas été informée.
A une exception près, dans un vieux numéro du magazine Fortune, Tim Cook a été décrit comme étant le “responsable en chef des coups de pieds au cul” à son arrivée chez Apple. Il a amélioré les lignes de production, de distribution, de services et de remplacement du matériel défectueux. Il a fermé des usines et des entrepôts dans le monde entier et permis à Apple d’externaliser sa production matérielle.
Mais il a refusé le titre d’éminence grise cachée derrière Steve Jobs qu’on voulait lui faire porter. Pendant que Steve Jobs s’assurait que le marketing se déroulait suivant ses instructions et que les couleurs des logos étaient aux bons codes Pantone, Tim Cook construisait la structure porteuse capable de mener les troupes à la victoire.
Il ne fait aucun doute que c’est un bon capitaine d’industrie, mais sauter dans les bottes d’un Steve Jobs est une autre paire de manches. Apple c’est 90% de marketing et de design. Il faut beaucoup de charisme pour arriver à convaincre une base de fanboys prêts à donner leur corps pour défendre, contre toute évidence, que c’est bon pour eux.
Quelles que soient les compétences de Tim Cook, ce qui risque d’être difficile à contrôler est le chagrin et la misère sociale des fanboys qui ne verront plus leur gourou monter sur scène ces prochains six mois et qui ne pourront plus répéter ses mots efficaces au bistrot. La récession révèle le vrai coût d’une passion pour Apple et Tim Cook ne possède peut-être pas le charme nécessaire pour convaincre qu’acheter ses jouets est une bonne chose parce qu’ils sont beaux et qu’ainsi l’a voulu le Seigneur.
S’il se plante, les gens le diront haut et fort, parce que ce n’est pas Steve Jobs, mais s’il réussit et que Steve Jobs revient, il pourrait retourner dans l’ombre le temps du come-back de la star, comme Pascal Obispo s’éclipse lorsque Johnny annonce son énième ultime tournée.
Traduction et adaptation d’un article de Nick Farrell pour INQ.
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