Web : La difficile neutralité d’un blogueur indépendant face à l’appât du gain
Envoyer à un amiImpertinences, Internet, Les Potins, Web 2.0
Par : La Rédaction - Mercredi 7 avril 2010 à 9:50
Une journaliste-blogueuse a osé dévoiler la façon dont les services spécialisés dans la propagation de propagande sur les blogs interviennent pour juger de la pertinence d’un billet sponsorisé appelé également publi-information.
Capucine Piot, journaliste également blogueuse à ses heures, a ainsi pu tester le service “eBuzzing” racheté par l’entrepreneur-investisseur-hommeàtoutfaire Pierre Chappaz. Son cœur de métier est assez simple et se résume à tenter d’amadouer les blogueurs du dimanche en leur promettant monts et merveilles.
Le eBouzin fonctionne de façon simple : le blogueur s’inscrit, donne quelques infos sur lui (ce qui permettra au service de vérifier l’identité numérique de la personne pour savoir si c’est un gentil influençable ou pas) et sur son blog.
Puis, en quelques clics, il est censé exprimer sa créativité en relayant les campagnes des annonceurs en étant rémunéré des broutilles pour ses contributions. Mais seuls quelques Vie Aye Pi ont l’immense honneur d’être rémunéré grassement et peuvent remercier pour cela leur compteur feedburner.
L’annonceur, lui, doit trouver son bonheur dans le catalogue de blogueur(euses) prêts à proposer du temps de cerveau d’internaute disponible : “Générez du Buzz pour vos produits, accédez à des profils de leaders d’opinion, recueillez les avis d’experts et établissez le dialogue avec les consommateurs !”
“Ouais, youpi, chouette, génial, on va acheter des gens et on va générer de l’audience ! Supertopmégacooltropdélire !” se dit tout bon directeur marketing. Après tout, même si le service ou le produit est nul, le but est d’en causer positivement… merveilleux monde du marketing “2.0″ qui nous ferait presque aimer les attachées de presse.
Et c’est la que l’aventure de notre confrère Capucine est intéressante : Elle a voulu participer à une campagne d’autopromo d’un nouveau site de cosmétique sur son blog personnel en rédigeant un billet et en le soumettant à eRamdaming pour validation.
Mais tout ne se passa pas comme prévu car Capucine a franchi la ligne jaune en osant donner un avis trop personnel, trop honnête, trop indépendant sur le dit nouveau site.
Du coup, Capucine ne passera pas le filtre du service de propagande 2.0 qui a estimé que certains éléments de son article ne correspondaient pas au brief de campagne.
Le service va même dissuader la jeune femme de rédiger un billet pour cette campagne car “le but n’est pas de vous faire dire ce que vous ne pensez pas.”
Comme cette blogueuse est visiblement une fille formidable, elle a répondu avec fermeté à eBuzzing qu’elle ne modifierait pas son papier d’autopromo et qu’elle préférait au final ne pas toucher de rémunération. Et toc !
Après tout, il ne faut pas oublier que la charte des devoirs du bon journaliste exige de n’accepter “que des missions compatibles avec la dignité professionnelle” et de ne pas signer “de son nom des articles de réclame commerciale ou financière”.
Et surtout, le journaliste “revendique la liberté de publier honnêtement ses informations”.
Ou au moins de mettre la mention “Publi-information” quelque part sur son blog, c’est la moindre des choses vis-à-vis des lecteurs. L’éternel débat journaliste-blogueur, blogueur-journaliste n’en finira donc jamais…
INQ
Envoyer à un ami
Partager sur Viadeo
Commentaires
C’est mimi ce petit article sur la vaillance de Capucine contre ebuzzing & son désintéressement total envers l’argent.
Sauf qu’elle va le publier quand même, en le modifiant comme ebuzzing voulait à la base.
… C’est beau.
Etrange comme cet article confond totalement journalisme et publicité/publi-information, et tourne Capucine en ardente opposante à la “propagande” : depuis quand un billet “sponsorisé” est-il du journalisme ? Le B-A-BA de la déontologie journalistique, qui garantit la liberté d’expression, n’est-il pas avant tout… de ne pas recevoir d’argent d’une partie prenante ?
Soit l’on prétend faire du vrai journalisme, et l’on refuse les billets sponsorisés, soit l’on accepte de participer à ce qui n’est rien moins qu’une campagne publicitaire (rappelons qu’in fine, c’est l’entreprise testée qui paie la blogueuse par l’intermédiaire d’une agence), et il faut en accepter les règles publicitaires. Mais la publi-information n’est pas du journalisme et n’a jamais été l’expression de la liberté d’expression ! Il faut donc être bien crédule pour penser qu’on peut à loisir critiquer une entreprise et se faire payer par elle…
Capucine est évidemment libre de critiquer. Mais il faut avoir le courage d’aller jusqu’au bout de la démarche : on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre… Bizarrement, les blogueuses n’assument pas d’être des relais publicitaires : après tout, c’est probablement dommage, la publicité n’a rien de honteux et rajoute un peu de beurre dans les épinards pour pas mal d’entre elles, me semble-t-il…
Quoi qu’il en soit, ne jetons pas la pierre à Capucine, mais aux lecteurs : c’est parce qu’il y a un public crédule qui gobe la publi-information des magazines ou les billets sponsorisés que l’hypocrisie du système perdure…
Incompréhensible cet article. Si vous pouviez nous l’écrire de manière moins codée… On se croirait dans une loge du GO !
Le mélange des genres dans le journalisme est très révélateur du manque de sérieux que l’on retrouve de plus en plus souvent dans cette profession et avec internet et les “réseaux sociaux” certains s’en donne à cœur joie. l’Affaire du jdd en est une illustration.
Quant -à Mlle Capucine, à mon avis, elle se fout du monde, on ne peut pas mettre son attitude sur le compte de la crédulité.
Si jamais c’était le cas il vaudrait mieux quelle change de métier.
Mais le beurre + l’argent du beurre + plus + plus c’est aussi un phénomène de société dans notre pays.
Quant à la charte du SNJ c’est juste une déclaration de bonnes intentions d’une organisation syndicale parce-que dans les faits combien de journalistes la respecte ?
Il n’existe pas de code déontologique officiel et digne de ce nom dans la profession de journaliste et de plus la majorité des journalistes n’en veulent surtout pas, dommage car si elle existait l’information serait sans aucun doute de bien meilleure qualité; bien entendu le journalisme digne de nom existe mais ce n’est pas encore le plus répandu ni forcement le plus connu hélas.
Par opposition la médecine a une code de déontologie qui fait parti de l’enseignement de la médecine.
PS: Je dis tout ça sous réserve d’avoir bien compris le billet que j’ai trouvé par ailleurs pertinent.
[...] je suis vite passé à autre chose. Jusqu’à ce que je tombe sur cet excellent article sur The Inquirer au sujet d’une étonnante histoire entre la blogueuse Capucine et la plateforme eBuzzing. Ce [...]
Poster un nouveau commentaire