L’embargo c’est tabou, on en viendra tous à bout
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Par : La Rédaction - Lundi 19 avril 2010 à 16:13
Chez TheInquirer, il y a un truc que l’on ne comprend pas : Parfois, quand des gentilles agences de relations presse balancent leurs communiqués, elles font allusion à “Embargo”… le célèbre groupe techno des années 90 ?
A l’heure où l’on se demande quel modèle économique adopter pour l’information, certaines agences de relations presse feraient bien de ne pas oublier quelques principes fondamentaux des gens auxquels ils s’adressent.
Dans ces fondamentaux, il y a le fait que l’interlocuteur revendique la liberté de publier honnêtement ses informations et ne signe pas de son nom des articles de réclame commerciale ou financière.
Dans un tel contexte, il convient d’expliquer honnêtement à nos gentils lecteurs ce qu’est un “Embargo”.
Non, ce n’est pas “que” le groupe techno de la fin des années 90, c’est aussi un procédé d’un autre âge utilisé par certaines agences/marques pour livrer une information aux médias en “demandant” de ne pas la diffuser avant une certaine date.
En clair : les journalistes/rédacteurs/blogueurs/moines copistes doivent la boucler sous peine de se voir illicopresto retiré des listes de presse et ne recevront plus les informations de la dite agence/marque. En théorie, c’est la loose totale pour le média.
Mais en se pliant à cette règle et accepter l’ordre d’un tiers de ne pas publier, le média se tire une balle dans le pied : le jour J et à l’heure H, on verra fleurir des dizaines d’articles et donc, les médias seront tous des “suiveurs”. On entend déjà les mauvaises langues qui diront “oui mais de toute façon, c’est pareil avec les infos de communiqués”.
Peu importe. Au moins, lorsqu’un communiqué est diffusé “sans discrimination”, tous les médias sont égaux et ne sont pas soumis à l’agence de RP.
Pas besoin d’en ajouter plus, cette doctrine de l’embargo conduit donc à ce que certains articles débarquent dans 10 médias différents 10 jours après l’envoi de la dite info.
Chez INQ, on a aucunes leçons à donner. Surtout pas.
Mais parfois, on a quand même envie de pousser un coup de gueule et dire : l’embargo, c’est tabou, on en viendra tous à bout.
Enfin non, on recommence : L’embargo est mort, vive l’apéro l’embargo.
En attendant, voici l’info sous embargo (donc floutée) que l’on ne pourra pas vous donner jusqu’à jeudi matin…
INQ
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Commentaires
Décidément la presse, il est urgent qu’elle se débarrasse du carcan des pouvoirs malicieux qui se cachent dans l’ombre.
Bon article
Cela me rappelle beaucoup cette discussion : http://mediawatch.afp.com/?post/2009/08/18/Casseurs-dembargo - tellement, que je me permets même de recycler mon commentaire
:
” Nos clients anglo-saxons insistent régulièrement pour que les journalistes signent des NDA (non disclosure agreements) lors de grands lancements. La motivation première est de ne pas favoriser un pays par rapport à un autre en attendant la date du dernier “press tour” ou de la dernière conférence de presse avant de lâcher l’info. Bien sûr, il y a des utilisations abusives des embargos mais il ne faudrait pas jeter le bébé avec l’eau du bain.
Le premier risque est de voir les journalistes non anglophones, et français en particulier, se transformer (encore plus ?) en simples relais de ce qu’auront bien voulu traiter leurs confrères américains ou anglais. Ces derniers auront eu la primeur de l’info, toutes les explications et tous les éclairages souhaités, les autres n’auront plus qu’une info déjà traitée et “anglée”.
Le deuxième risque est moindre mais c’est une question d’honneur : nous arrivons encore à dispenser “nos” journalistes d’avoir à signer ces embargos en prétextant du respects par ces derniers de l’éthique journalistique. S’ils nous ont donné leur parole qu’ils ne briseraient pas l’embargo, ils s’y tiennent. Si demain ce n’est plus le cas, il faudra en passer par la paperasse !
Le troisième risque est plus largement que c’est, pour les journalistes, une façon de mettre encore un peu plus leur profession en danger. Si Le Monde ou Le Figaro continueront (peut-être) à avoir des infos exclusives ou à être invités à des lancements mondiaux, quid de “La lettre poitevine du roulement à bille en laiton” ? Allons plus loin, combien de temps croyez vous que les journaux français continueront à obtenir des exclus, même franco-françaises, si on les confrontent, en lectorat, aux WSJ ou autre NYT ?
La question est souvent liée à la valeur de l’exclu par rapport à une info largement disponible. Je crois malheureusement que c’est un des mirages qui hante désormais les médias et qui est en train de nous faire beaucoup de mal : on privilégie la rapidité de la livraison de l’info à son traitement. Or une information délivrée en premier n’a PAS plus de valeur qu’une info vérifiée, analysée et commentée !!! Si personne n’adhère à ce principe, il n’y aura tout simplement plus d’INFORMATION puisque le caractère “informatif” de la “news” aura disparu. “
On reconnait quand même les logos…
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