Réseaux : Le gouvernement français n’envisage pas de soutenir l’adoption d’IPv6
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Par : La Rédaction - Mercredi 30 mars 2011 à 9:12
Dans une réponse posée en décembre 2010 par les députées Laure de la Raudière (UMP) et Corinne Erhel (PS), le gouvernement français indique que tout va bien pour IPv6 et qu’il ne compte pas soutenir (ou même forcer) la transition IPv4/IPv6.
On savait déjà que le gouvernement était à la ramasse en matière d’économie numérique. Cette fois, c’est sur, il n’a rien compris et le démontre parfaitement dans une réponse formidable à une question posée par deux parlementaires fin 2010.
Deux députées se sont inquiétées - à juste titre - de la prochaine pénurie d’adresses IPv4 et la conséquence sur l’économie numérique.
” (…) des adresses IPv4 sont encore disponibles et il existe des méthodes, comme la translation d’adresse, permettant de continuer à faire fonctionner Internet malgré la pénurie d’adresses IPv4. Mais ces palliatifs ne paraissent pouvoir offrir ni la même qualité de service ni les mêmes potentialités en termes d’innovation et de concurrence qu’une migration vers des réseaux compatibles avec IPv6″ résumait la question écrite.
L’objectif était de savoir si le gouvernement envisageait des mesures pour encourager cette adoption massive. Cela aurait pu passer par une loi toute simple pour que chaque appareil “connecté” vendu/loué sur le territoire français à compter d’une date, soit “IPv6 Ready”, comme les téléviseurs ont du l’être lors de l’arrivée de la TNT.
Mais le gouvernement fait fi de cette excellente proposition et démontre son laxisme face à ce qui risque de tourner au marché noir, préjudiciable pour les consommateurs et les entreprises.
La réponse commençait plutôt bien puisque selon le gouvernement, ” (…) la pénurie d’adresses IPv4 ne signifie pas la fin de ce protocole d’adressage mais la cohabitation entre les adresses IPv4 et IPv6 au sein des réseaux de communication électroniques. Les opérateurs ont commencé, selon leurs différents plans stratégiques, à déployer lPv6 au sein de leurs réseaux et gérer la cohabitation avec lPv4 (…).”
Le gouvernement dévoile même qu’il “s’attache depuis plusieurs années à contrôler que les dernières adresses IPv4 soient allouées de manière équitable par l’Autorité pour les noms et numéros assignés (IANA) au niveau mondial et par le registre Internet RIPE NCC au niveau européen”.
On se demande toutefois comment est effectué ce “contrôle”…
Bref : comme d’habitude, tout va bien, on prend soin de nos adresses IP, dormez tranquille. Ou pas.
Car la fin de la réponse n’apporte aucun élément supplémentaire : le gouvernement français ne compte pas bouger le moindre petit doigt pour encourager l’adoption d’IPv6.
Aucun plan stratégique pour les équipements des ministères et administrations, aucune volonté d’enrayer le marché noir de l’IPv4 pouvant affecter les opérateurs et autres fournisseurs de services Internet… on croirait presque que la pénurie d’IPv4 s’arrêtera à nos frontières et que la France en serait à l’abri.
INQ
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